Mali : après les massacres du centre, les FAMa tentent de reprendre l’initiative face à l’escalade sécuritaire
Le Mali traverse depuis plusieurs semaines l’une des séquences sécuritaires les plus tendues de ces dernières années. Après une série d’attaques coordonnées menées fin avril 2026 contre plusieurs positions militaires et axes stratégiques, le centre du pays a de nouveau été frappé le 6 mai par des violences meurtrières attribuées au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), organisation affiliée à Al-Qaïda.
Dans les villages de Korikori et Gomossogou, situés dans la région de Mopti, plusieurs dizaines de personnes ont été tuées lors d’attaques simultanées menées par des hommes armés. Selon des sources sécuritaires et humanitaires relayées par Reuters et l’AFP, le bilan pourrait dépasser cinquante morts, même si les chiffres restent difficiles à confirmer dans une zone où l’accès demeure limité.
Des maisons ont été incendiées, des habitants ont fui dans la brousse et plusieurs personnes étaient encore portées disparues dans les jours ayant suivi les assauts. Les victimes seraient en majorité liées aux groupes d’autodéfense communautaires, mais des civils, dont des adolescents et des enfants, figureraient également parmi les morts.
Dans un communiqué, le gouverneur de la région de Bandiagara a dénoncé des « actes méprisables et inhumains », alors que la peur continue de gagner plusieurs localités du centre du Mali.
Selon des sources sécuritaires citées par l’AFP, ces attaques auraient été menées en représailles à des opérations attribuées à la milice Dan Na Ambassagou, groupe d’autodéfense dogon créé au plus fort des violences communautaires dans le centre du pays. Depuis plusieurs années, cette région est devenue l’épicentre d’un conflit où se mêlent insurrection djihadiste, tensions ethniques et affrontements communautaires.
Face à cette nouvelle offensive, les Forces armées maliennes (FAMa) ont multiplié les opérations de riposte. L’armée a affirmé avoir conduit une « opération ciblée » dans la zone des attaques, annonçant la neutralisation d’une douzaine de combattants djihadistes.
Dans les jours suivants, l’état-major malien a également communiqué sur plusieurs frappes aériennes menées dans la région de Gao. Selon les autorités militaires, une colonne armée en direction de Tarkint a été détruite, tandis qu’un important refuge de groupes armés situé à environ 84 kilomètres de Bourem a été bombardé.
Le 8 mai 2026, une autre opération a été conduite dans la région de Koutiala. Les FAMa affirment y avoir démantelé un groupe armé terroriste après un accrochage avec une patrouille militaire. D’après le communiqué publié le 10 mai, douze combattants ont été neutralisés et plusieurs armes ainsi que des motos ont été récupérées. L’armée malienne a également indiqué avoir subi un blessé léger dans ses rangs.
Cette intensification des opérations militaires intervient dans un contexte particulièrement fragile pour les autorités de transition dirigées par Assimi Goïta. Depuis fin avril, le pays fait face à une montée en puissance des offensives menées conjointement par des groupes djihadistes et le Front de libération de l’Azawad (FLA), coalition séparatiste active dans le nord du Mali.
Les attaques coordonnées du mois dernier avaient profondément marqué le pays. Elles avaient notamment visé plusieurs infrastructures militaires et provoqué un climat d’insécurité jusque dans les environs de Bamako.
Au cours de cette période, le ministre malien de la Défense, Sadio Camara, a été tué dans une attaque à la voiture piégée contre sa résidence près de la capitale. Sa mort a constitué un choc politique majeur pour le pouvoir malien et pour une partie de l’opinion publique qui voyait en lui l’un des principaux architectes de la réorganisation militaire engagée depuis 2021.
Dans ce contexte, les autorités maliennes tentent d’afficher une posture de fermeté. Le chef militaire Djibrilla Maiga a récemment déclaré que « la menace reste présente », tout en assurant que les FAMa poursuivent leurs opérations afin d’empêcher les groupes armés de se réorganiser.
Le Mali continue également de s’appuyer sur sa coopération sécuritaire avec Africa Corps, qui a progressivement remplacé le groupe Wagner dans le pays. Mais malgré l’intensification des opérations militaires et aériennes, les groupes armés demeurent capables de lancer des offensives coordonnées sur plusieurs fronts.
Dans le nord, le Front de libération de l’Azawad affirme désormais vouloir étendre son contrôle territorial après le retrait des forces russes de Kidal. Plusieurs axes routiers stratégiques restent également sous pression, compliquant les déplacements des populations et les approvisionnements.





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