La philosophie moderne : le rationalisme, l'empirisme et l'existentialisme
Introduction
Si le Moyen Âge européen a été marqué par une tentative de conciliation où la philosophie était la servante de la théologie, la période moderne, qui s'ouvre à partir du XVe siècle avec la Renaissance, opère une véritable rupture épistémologique. La Renaissance marque un renouvellement profond de la pensée, des sciences et des arts, caractérisé par une remise en question de l'autorité absolue de l'Église et des dogmes religieux.
Cette transition historique donne naissance à une philosophie anthropocentrique, où l'homme et sa raison deviennent le centre et la mesure de toutes choses. La philosophie moderne proclame l'incompatibilité fondamentale entre la démarche critique de la raison et l'adhésion aveugle à la foi. Désormais, la connaissance ne découle plus de la révélation divine, mais des facultés immanentes de l'Homme. Pour explorer ce divorce entre la foi et la raison, la modernité philosophique se structure autour de trois courants majeurs : le rationalisme, l'empirisme et l'existentialisme.
I. LE RATIONALISME : LA RAISON COMME UNIQUE SOURCE DE VÉRITÉ
Le rationalisme est un courant philosophique moderne qui pose la raison (ratio) comme la source exclusive, première et souveraine de toutes nos connaissances. Pour les rationalistes, les vérités de l'univers ne s'obtiennent pas par l'illumination mystique ou la foi religieuse, mais par une analyse logique, déductive et mathématique. Tout ce qui existe possède une explication intelligible que la raison humaine peut découvrir par ses propres forces.
1. René Descartes et le doute méthodique
Considéré comme le père de la philosophie moderne, René Descartes décide de suspendre toutes ses certitudes passées par le biais d'un doute hyperbolique et méthodique. Ce faisant, il tourne radicalement le dos à la foi, puisque la religion exige une croyance absolue qui exclut le doute. En doutant de tout, Descartes découvre une vérité première et indubitable : l'acte même de douter prouve qu'il pense, et s'il pense, il existe. Il formule ainsi son célèbre principe : « Je pense, donc je suis » (Cogito, ergo sum). Par cette thèse, Descartes démontre que le fondement de l'existence humaine et de la vérité réside dans l'activité de la conscience pensante, et non dans les dogmes ecclésiastiques.
2- Spinoza et Kant : la raison comme vecteur de liberté et d'émancipation
Dans la continuité du rationalisme, Baruch Spinoza rejette les superstitions religieuses qui aliènent l'homme. Pour lui, la véritable liberté ne consiste pas à obéir à des commandements divins obscurs, mais à se gouverner soi-même sous la direction exclusive des lois de la logique. Il écrit dans son Éthique : « La liberté consiste en ceci : que chacun obéisse à la raison ».
Au XVIIIe siècle, Emmanuel Kant approfondit cette exigence à travers le projet des Lumières, qu'il définit comme la sortie de l'homme de son état de minorité intellectuelle. Kant exhorte l'humanité à oser penser par elle-même (Sapere aude) sans s'en remettre à la direction spirituelle d'un tiers. Il rappelle la dynamique sans fin de l'intelligence humaine en écrivant : « La raison humaine a ce destin particulier, dans un genre de ses connaissances, qu'elle se trouve accablée de questions qu'elle ne peut écarter, car sa nature même les lui impose, mais auxquelles elle ne peut répondre, car elles dépassent tout son pouvoir. » Autrement, la raison humaine ne se repose jamais.
II. L'EMPIRISME : L'EXPÉRIENCE SENSIBLE COMME ORIGINE DU SAVOIR
À l'opposé du rationalisme qui croit aux idées innées, l'empirisme désigne un ensemble de théories philosophiques affirmant que l'expérience sensible est l'unique origine et le seul critère de validité de toute connaissance humaine. Pour ce courant, une idée n'est vraie que si elle peut être vérifiée, mesurée et attestée par les sens (la vue, l'ouïe, le toucher, le goût, l'odorat).
1- La doctrine de la "Tabula Rasa" et le mécanisme des sens
Les empiristes soutiennent qu'à la naissance, l'esprit humain est une « tabula rasa », c'est-à-dire une ardoise vide ou une page blanche de toute inscription. Il n'existe aucune idée préexistante en nous. C'est l'expérience au cours du vécu quotidien qui vient progressivement y imprimer des connaissances. Cette expérience se divise en deux types :
-L'expérience sensorielle externe (la sensation) :
Nos sens perçoivent les objets du monde physique et transmettent ces informations à notre cerveau.
L'expérience interne (la réflexion) : L'esprit examine ses propres opérations à partir des matériaux fournis par les sens.
Pour illustrer cette nécessité absolue de l'expérimentation, prenons un exemple scientifique concret : la physique nous apprend que l'eau bout à 100°C sous la pression atmosphérique normale. Un rationaliste affirmera que c'est une vérité purement logique ; l'empiriste répondra qu'il est impossible de décréter cette vérité à priori (avant l'acte). Pour être certain que l'eau bout précisément à 100°C, l'homme doit obligatoirement réaliser l'expérience physique, chauffer l'eau et le constater visuellement à l'aide d'un thermomètre.
2- L'invalidation de la foi par les maîtres de l'empirisme
Puisque la foi religieuse repose sur des réalités invisibles, métaphysiques et impossibles à expérimenter par nos sens (comme Dieu, l'enfer, les anges), les empiristes estiment qu'elle ne peut en aucun cas formuler une vérité scientifique ou objective. La foi est reléguée au rang de simple conjecture ou de sentiment subjectif. John Locke, chef de file de ce courant, résume radicalement ce principe fondamental dans son Essai sur l'entendement humain : « L'expérience, c'est là le fondement de nos connaissances ; c'est de là qu'elles tirent leur première origine ».
Plus tard, le philosophe écossais David Hume viendra durcir cette position en affirmant que toute idée qui ne correspond pas à une impression sensible est une illusion de l'esprit. Il écrit : « L'habitude est le grand guide de la vie humaine.» C'est donc notre expérience vécue qui fonde notre connaissance et guide notre vie.
Enfin, au XIXe siècle, le savant français Claude Bernard appliquera cette rigueur à la méthode expérimentale moderne, montrant le lien entre la pensée créative et la sanction du réel : « À la source de toute connaissance, il y a une idée, une pensée, puis l'expérience vient confirmer l'idée ».
III. L'EXISTENTIALISME : L'HOMME COMME MAÎTRE RADICAL DE SON DESTIN
L'existentialisme est une doctrine philosophique contemporaine qui place la liberté humaine au cœur de sa réflexion. Elle affirme que l'être humain n'est pas le produit d'une programmation divine ou d'une nature figée, mais qu'il est pleinement l'artisan, le maître et le responsable unique de sa propre existence à travers ses actes et ses choix.
1. Le refus des déterminismes
L'existentialisme s'oppose de manière frontale au déterminisme, une théorie philosophique et scientifique qui affirme que tous les événements, y compris les actions humaines, sont rigoureusement fixés par des causes antérieures ou des lois immuables. Parmi les déterminismes que l'existentialisme combat pour libérer l'homme, on trouve :
Le déterminisme théologique (la prédestination ou la destinée) : L'illusion religieuse selon laquelle un Être suprême aurait déjà tout écrit à l'avance dans un « livre de vie ». Si tout est écrit, l'homme n'est qu'une marionnette sans liberté ni responsabilité. C'est contre cette aliénation que se dresse l'existentialisme. Le philosophe Denis Diderot dénonçait cette vision fataliste en ironisant : « À quoi que ce soit que l'homme s'applique, la nature l'y destinait ».
Le déterminisme psychologique (l'inconscient) : La théorie selon laquelle nos choix profonds seraient dictés à notre insu par des forces psychiques inconscientes (rêves, lapsus, refoulements), nous enlevant le contrôle de nos vies.
2. L'affirmation de la liberté absolue : l'existence précède l'essence
Pour l'existentialisme athée, il n'y a pas de Dieu pour concevoir la nature humaine avant qu'elle n'existe. Par conséquent, l'Homme surgit dans le monde, existe, et se définit seulement après par ses actes. C'est le sens de la formule majeure de Jean-Paul Sartre : « L'existence précède l'essence ».
L'essence désigne la définition, le but ou l'objectif d'une chose. Un enseignant ou un maçon ne naissent pas ainsi par décret divin ; c'est l'individu qui existe d'abord, fait le choix d'étudier ou d'apprendre un métier, et devient enseignant ou maçon par son propre effort. L'homme est donc une page blanche qui s'écrit elle-même. Pour souligner cette effrayante mais glorieuse liberté, Sartre ajoute : « Une fois jeté dans le monde, l'homme est responsable de tout ce qu'il fait ».
Cette construction de soi-même s'applique également aux rôles sociaux et de genre. Simone de Beauvoir, dans une perspective existentialiste et féministe, démontre que l'identité d'un individu n'est pas une fatalité biologique ou anatomique, mais une construction culturelle et personnelle. Elle écrit dans Le Deuxième Sexe : « On ne naît pas femme, on le devient ».
L'individu est libre de définir sa manière d'être au monde, indépendamment des pressions théologiques ou sociales.
Conclusion
En définitive, l'avènement de la période moderne consacre le divorce définitif et irréversible entre la foi et la raison. En rejetant la domination intellectuelle du dogme médiéval, la philosophie moderne a conquis l'autonomie du sujet humain à travers trois voies distinctes mais convergentes. Le rationalisme a fait de la raison logique le tribunal suprême de la vérité. L'empirisme a démontré que seul le verdict des sens et de l'expérience vécue peut valider une connaissance objective, invalidant ainsi les mystères invisibles de la foi. Enfin, l'existentialisme a affranchi l'homme du déterminisme théologique de la prédestination, proclamant que l'être humain est radicalement libre et seul responsable de son destin. L'Homme moderne n'attend plus sa vérité du ciel, il la construit par son esprit et ses actes sur la terre.
Si le Moyen Âge européen a été marqué par une tentative de conciliation où la philosophie était la servante de la théologie, la période moderne, qui s'ouvre à partir du XVe siècle avec la Renaissance, opère une véritable rupture épistémologique. La Renaissance marque un renouvellement profond de la pensée, des sciences et des arts, caractérisé par une remise en question de l'autorité absolue de l'Église et des dogmes religieux.
Cette transition historique donne naissance à une philosophie anthropocentrique, où l'homme et sa raison deviennent le centre et la mesure de toutes choses. La philosophie moderne proclame l'incompatibilité fondamentale entre la démarche critique de la raison et l'adhésion aveugle à la foi. Désormais, la connaissance ne découle plus de la révélation divine, mais des facultés immanentes de l'Homme. Pour explorer ce divorce entre la foi et la raison, la modernité philosophique se structure autour de trois courants majeurs : le rationalisme, l'empirisme et l'existentialisme.
I. LE RATIONALISME : LA RAISON COMME UNIQUE SOURCE DE VÉRITÉ
Le rationalisme est un courant philosophique moderne qui pose la raison (ratio) comme la source exclusive, première et souveraine de toutes nos connaissances. Pour les rationalistes, les vérités de l'univers ne s'obtiennent pas par l'illumination mystique ou la foi religieuse, mais par une analyse logique, déductive et mathématique. Tout ce qui existe possède une explication intelligible que la raison humaine peut découvrir par ses propres forces.
1. René Descartes et le doute méthodique
Considéré comme le père de la philosophie moderne, René Descartes décide de suspendre toutes ses certitudes passées par le biais d'un doute hyperbolique et méthodique. Ce faisant, il tourne radicalement le dos à la foi, puisque la religion exige une croyance absolue qui exclut le doute. En doutant de tout, Descartes découvre une vérité première et indubitable : l'acte même de douter prouve qu'il pense, et s'il pense, il existe. Il formule ainsi son célèbre principe : « Je pense, donc je suis » (Cogito, ergo sum). Par cette thèse, Descartes démontre que le fondement de l'existence humaine et de la vérité réside dans l'activité de la conscience pensante, et non dans les dogmes ecclésiastiques.
2- Spinoza et Kant : la raison comme vecteur de liberté et d'émancipation
Dans la continuité du rationalisme, Baruch Spinoza rejette les superstitions religieuses qui aliènent l'homme. Pour lui, la véritable liberté ne consiste pas à obéir à des commandements divins obscurs, mais à se gouverner soi-même sous la direction exclusive des lois de la logique. Il écrit dans son Éthique : « La liberté consiste en ceci : que chacun obéisse à la raison ».
Au XVIIIe siècle, Emmanuel Kant approfondit cette exigence à travers le projet des Lumières, qu'il définit comme la sortie de l'homme de son état de minorité intellectuelle. Kant exhorte l'humanité à oser penser par elle-même (Sapere aude) sans s'en remettre à la direction spirituelle d'un tiers. Il rappelle la dynamique sans fin de l'intelligence humaine en écrivant : « La raison humaine a ce destin particulier, dans un genre de ses connaissances, qu'elle se trouve accablée de questions qu'elle ne peut écarter, car sa nature même les lui impose, mais auxquelles elle ne peut répondre, car elles dépassent tout son pouvoir. » Autrement, la raison humaine ne se repose jamais.
II. L'EMPIRISME : L'EXPÉRIENCE SENSIBLE COMME ORIGINE DU SAVOIR
À l'opposé du rationalisme qui croit aux idées innées, l'empirisme désigne un ensemble de théories philosophiques affirmant que l'expérience sensible est l'unique origine et le seul critère de validité de toute connaissance humaine. Pour ce courant, une idée n'est vraie que si elle peut être vérifiée, mesurée et attestée par les sens (la vue, l'ouïe, le toucher, le goût, l'odorat).
1- La doctrine de la "Tabula Rasa" et le mécanisme des sens
Les empiristes soutiennent qu'à la naissance, l'esprit humain est une « tabula rasa », c'est-à-dire une ardoise vide ou une page blanche de toute inscription. Il n'existe aucune idée préexistante en nous. C'est l'expérience au cours du vécu quotidien qui vient progressivement y imprimer des connaissances. Cette expérience se divise en deux types :
-L'expérience sensorielle externe (la sensation) :
Nos sens perçoivent les objets du monde physique et transmettent ces informations à notre cerveau.
L'expérience interne (la réflexion) : L'esprit examine ses propres opérations à partir des matériaux fournis par les sens.
Pour illustrer cette nécessité absolue de l'expérimentation, prenons un exemple scientifique concret : la physique nous apprend que l'eau bout à 100°C sous la pression atmosphérique normale. Un rationaliste affirmera que c'est une vérité purement logique ; l'empiriste répondra qu'il est impossible de décréter cette vérité à priori (avant l'acte). Pour être certain que l'eau bout précisément à 100°C, l'homme doit obligatoirement réaliser l'expérience physique, chauffer l'eau et le constater visuellement à l'aide d'un thermomètre.
2- L'invalidation de la foi par les maîtres de l'empirisme
Puisque la foi religieuse repose sur des réalités invisibles, métaphysiques et impossibles à expérimenter par nos sens (comme Dieu, l'enfer, les anges), les empiristes estiment qu'elle ne peut en aucun cas formuler une vérité scientifique ou objective. La foi est reléguée au rang de simple conjecture ou de sentiment subjectif. John Locke, chef de file de ce courant, résume radicalement ce principe fondamental dans son Essai sur l'entendement humain : « L'expérience, c'est là le fondement de nos connaissances ; c'est de là qu'elles tirent leur première origine ».
Plus tard, le philosophe écossais David Hume viendra durcir cette position en affirmant que toute idée qui ne correspond pas à une impression sensible est une illusion de l'esprit. Il écrit : « L'habitude est le grand guide de la vie humaine.» C'est donc notre expérience vécue qui fonde notre connaissance et guide notre vie.
Enfin, au XIXe siècle, le savant français Claude Bernard appliquera cette rigueur à la méthode expérimentale moderne, montrant le lien entre la pensée créative et la sanction du réel : « À la source de toute connaissance, il y a une idée, une pensée, puis l'expérience vient confirmer l'idée ».
III. L'EXISTENTIALISME : L'HOMME COMME MAÎTRE RADICAL DE SON DESTIN
L'existentialisme est une doctrine philosophique contemporaine qui place la liberté humaine au cœur de sa réflexion. Elle affirme que l'être humain n'est pas le produit d'une programmation divine ou d'une nature figée, mais qu'il est pleinement l'artisan, le maître et le responsable unique de sa propre existence à travers ses actes et ses choix.
1. Le refus des déterminismes
L'existentialisme s'oppose de manière frontale au déterminisme, une théorie philosophique et scientifique qui affirme que tous les événements, y compris les actions humaines, sont rigoureusement fixés par des causes antérieures ou des lois immuables. Parmi les déterminismes que l'existentialisme combat pour libérer l'homme, on trouve :
Le déterminisme théologique (la prédestination ou la destinée) : L'illusion religieuse selon laquelle un Être suprême aurait déjà tout écrit à l'avance dans un « livre de vie ». Si tout est écrit, l'homme n'est qu'une marionnette sans liberté ni responsabilité. C'est contre cette aliénation que se dresse l'existentialisme. Le philosophe Denis Diderot dénonçait cette vision fataliste en ironisant : « À quoi que ce soit que l'homme s'applique, la nature l'y destinait ».
Le déterminisme psychologique (l'inconscient) : La théorie selon laquelle nos choix profonds seraient dictés à notre insu par des forces psychiques inconscientes (rêves, lapsus, refoulements), nous enlevant le contrôle de nos vies.
2. L'affirmation de la liberté absolue : l'existence précède l'essence
Pour l'existentialisme athée, il n'y a pas de Dieu pour concevoir la nature humaine avant qu'elle n'existe. Par conséquent, l'Homme surgit dans le monde, existe, et se définit seulement après par ses actes. C'est le sens de la formule majeure de Jean-Paul Sartre : « L'existence précède l'essence ».
L'essence désigne la définition, le but ou l'objectif d'une chose. Un enseignant ou un maçon ne naissent pas ainsi par décret divin ; c'est l'individu qui existe d'abord, fait le choix d'étudier ou d'apprendre un métier, et devient enseignant ou maçon par son propre effort. L'homme est donc une page blanche qui s'écrit elle-même. Pour souligner cette effrayante mais glorieuse liberté, Sartre ajoute : « Une fois jeté dans le monde, l'homme est responsable de tout ce qu'il fait ».
Cette construction de soi-même s'applique également aux rôles sociaux et de genre. Simone de Beauvoir, dans une perspective existentialiste et féministe, démontre que l'identité d'un individu n'est pas une fatalité biologique ou anatomique, mais une construction culturelle et personnelle. Elle écrit dans Le Deuxième Sexe : « On ne naît pas femme, on le devient ».
L'individu est libre de définir sa manière d'être au monde, indépendamment des pressions théologiques ou sociales.
Conclusion
En définitive, l'avènement de la période moderne consacre le divorce définitif et irréversible entre la foi et la raison. En rejetant la domination intellectuelle du dogme médiéval, la philosophie moderne a conquis l'autonomie du sujet humain à travers trois voies distinctes mais convergentes. Le rationalisme a fait de la raison logique le tribunal suprême de la vérité. L'empirisme a démontré que seul le verdict des sens et de l'expérience vécue peut valider une connaissance objective, invalidant ainsi les mystères invisibles de la foi. Enfin, l'existentialisme a affranchi l'homme du déterminisme théologique de la prédestination, proclamant que l'être humain est radicalement libre et seul responsable de son destin. L'Homme moderne n'attend plus sa vérité du ciel, il la construit par son esprit et ses actes sur la terre.
Avez-vous bien lu ce cours ? Répondez aux QCM suivantes :
QCM 1
La patristique désigne :
A. La philosophie enseignée dans les universités médiévales.
B. La pensée et la méthode des Pères de l’Église.
C. La philosophie moderne.
D. La philosophie politique grecque.
QCM 2
Le terme « patristique » vient du latin pater, qui signifie :
A. Maître.
B. École.
C. Père.
D. Dieu.
QCM 3
La patristique se développe principalement :
A. Du IIe au VIIIe siècle.
B. Du IXe au XVIIe siècle.
C. Du XVIIIe au XIXe siècle.
D. Du Ve au Xe siècle.
QCM 4
La scolastique désigne :
A. La philosophie enseignée dans les universités européennes médiévales.
B. La philosophie des présocratiques.
C. La philosophie des Pères de l’Église uniquement.
D. La philosophie des Lumières.
QCM 5
Le terme « scolastique » est dérivé du latin :
A. Pater.
B. Logos.
C. Schola.
D. Ratio.
QCM 6
La scolastique se développe principalement :
A. Du IIe au VIIIe siècle.
B. Du IXe au XVIIe siècle.
C. Du XVe au XVIIIe siècle.
D. Du XVIIIe au XXe siècle.
QCM 7
Selon les penseurs médiévaux étudiés dans le cours, la foi et la raison :
A. Sont nécessairement contradictoires.
B. S’excluent totalement.
C. Peuvent s’accorder et se soutenir mutuellement.
D. Sont deux formes d’ignorance.
QCM 8
La foi est définie dans le cours comme :
A. Une opinion provisoire.
B. Une croyance ferme et une confiance absolue.
C. Une démonstration scientifique.
D. Un doute méthodique.
QCM 9
Selon le cours, la raison est :
A. La faculté de juger et de distinguer le vrai du faux.
B. Une croyance religieuse.
C. Une révélation divine.
D. Une tradition culturelle.
QCM 10
Dieu est défini comme :
A. Un philosophe antique.
B. L’être suprême, transcendant et créateur de l’univers.
C. Une invention de la raison.
D. Une force uniquement naturelle.
QCM 11
Selon Pierre Hadot, philosopher consiste principalement à :
A. Accumuler des connaissances théoriques.
B. Vivre conformément à la raison.
C. Rejeter toute religion.
D. Étudier uniquement les sciences.
QCM 12
Selon Pierre Hadot, les chrétiens peuvent être considérés comme des philosophes parce qu’ils :
A. Rejettent le Logos.
B. Vivent conformément au Logos divin.
C. Refusent toute réflexion rationnelle.
D. Étudient uniquement Aristote.
QCM 13
Pour Clément d’Alexandrie, le christianisme est :
A. L’ennemi de la philosophie.
B. La vraie philosophie et l’accomplissement de la recherche rationnelle.
C. Une forme de scepticisme.
D. Une philosophie uniquement politique.
QCM 14
Selon Clément d’Alexandrie, le christianisme est la révélation complète :
A. Du Logos.
B. Du matérialisme.
C. Du scepticisme.
D. De la dialectique marxiste.
QCM 15
Saint Justin considère que certains philosophes antiques :
A. Étaient nécessairement opposés au christianisme.
B. Pouvaient être considérés comme des chrétiens avant le Christ.
C. Refusaient tous la raison.
D. Étaient tous théologiens.
QCM 16
Parmi les philosophes suivants, lequel est cité par Saint Justin comme ayant vécu selon le Logos ?
A. Socrate.
B. Descartes.
C. Kant.
D. Nietzsche.
QCM 17
Selon Saint Justin, les anciens philosophes ont pu accéder à la vérité grâce :
A. À une étincelle du Logos universel.
B. À la révélation chrétienne directe.
C. Aux découvertes scientifiques modernes.
D. À la scolastique.
QCM 18
La scolastique s’appuie principalement sur la philosophie de :
A. Platon.
B. Aristote.
C. Épicure.
D. Nietzsche.
QCM 19
Selon Saint Thomas d’Aquin, la foi et la raison ont :
A. Des origines totalement différentes.
B. Une même origine divine.
C. Des objectifs opposés.
D. Une origine purement humaine.
QCM 20
Pour les scolastiques, la philosophie et la religion ont un objectif commun :
A. La richesse.
B. Le pouvoir.
C. La vérité.
D. La guerre.
QCM 21
Selon le cours, la philosophie cherche la vérité principalement :
A. Par l’effort intellectuel.
B. Par la tradition uniquement.
C. Par l’autorité politique.
D. Par la force militaire.
QCM 22
Dans la scolastique, la philosophie sert notamment à :
A. Détruire les dogmes religieux.
B. Rendre les vérités de la foi intelligibles et les défendre rationnellement.
C. Remplacer complètement la religion.
D. Interdire la recherche scientifique.
QCM 23
Les célèbres « cinq voies » sont associées à :
A. Saint Augustin.
B. Saint Justin.
C. Saint Thomas d’Aquin.
D. Clément d’Alexandrie.
QCM 24
Les « cinq voies » de Thomas d’Aquin cherchent notamment à démontrer :
A. L’inexistence de Dieu.
B. L’existence de Dieu.
C. La supériorité de la philosophie grecque.
D. La fin du christianisme.
QCM 25
Dans le rapport entre foi et raison, la foi est présentée comme :
A. Un obstacle absolu à toute pensée.
B. Un guide et une protection de la raison.
C. Une forme de matérialisme.
D. Une méthode scientifique.
QCM 26
La formule « Si vous n’avez pas foi, vous n’aurez pas l’intelligence » signifie que :
A. La foi peut guider et éclairer l’exercice de la raison.
B. La raison est totalement inutile.
C. La science doit être supprimée.
D. La philosophie est impossible.
QCM 27
Au Moyen Âge, la philosophie devient notamment :
A. La servante de la théologie.
B. L'ennemie de la théologie.
C. Une science indépendante de toute religion.
D. Une forme de littérature.
QCM 28
Quelle limite de l’harmonie médiévale entre foi et raison est soulignée dans la conclusion ?
A. La raison reste subordonnée aux exigences du dogme religieux.
B. La foi est totalement supprimée.
C. La philosophie devient supérieure à la religion.
D. La science disparaît.
QCM 29
Quels courants modernes contribueront à affirmer l’autonomie de la raison et de la science ?
A. La patristique et la scolastique.
B. Le rationalisme et l’empirisme.
C. Le stoïcisme et l’épicurisme.
D. Le platonisme et l’aristotélisme.
QCM 30
Selon la conclusion du cours, l’évolution de la pensée moderne conduit progressivement :
A. À une fusion définitive entre foi et raison.
B. À un divorce entre la foi et la raison.
C. À la disparition de la philosophie.
D. Au retour de la patristique.





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