Les bombardements au Nigéria et l’annonce de l’« hiver noir ».
Les bombardements récents menés au Nigéria contre la secte islamiste Boko Haram sont officiellement présentés comme une opération de sécurité intérieure, conduite avec l’accord de l’État nigérian, au nom de la lutte contre le terrorisme. Cette justification, classique dans la grammaire impérialiste contemporaine, masque cependant une réalité plus profonde. Ces bombardements s’inscrivent dans une logique globale de guerre systémique, une logique que le président en exercice de l’Alliance des États du Sahel (AES), le capitaine Ibrahim Traoré, a désignée sans détour lors du sommet des chefs États de l' AES de décembre 2025 comme l' "hiver noir”. Il a précisé qu'un hiver vient, un hiver sanglant, un hiver voulu : l’« hiver noir ».
Ces termes sont une lecture matérialiste de la guerre à venir. Lors de ce sommet, Ibrahim Traoré n’a pas parlé comme un diplomate. Il a parlé comme un homme conscient des lois de l’histoire. Il a annoncé un hiver noir pour l’AES, un hiver dur, violent, mais nécessaire. Non par goût du sang, mais parce que l’histoire des peuples dominés n’avance jamais sans affrontement lorsque les contradictions deviennent explosives.
Cet hiver noir n’est pas une métaphore poétique. Il est l’expression politique d’un moment historique précis : l’entrée du monde occidental en phase de déclin stratégique accéléré.
*L’Ukraine : la défaite qui a tout révélé*
La guerre en Ukraine constitue le tournant. Pour la première fois depuis des décennies, le bloc occidental s’est dressé presque unanimement contre un adversaire stratégique (la Russie) et a perdu. Il a perdu malgré les sanctions, malgré les armes, malgré les milliards, malgré la propagande. Ils pensaient écraser la Russie, détruire un rival historique héritier de l’URSS et, une fois cette victoire acquise, se retourner tranquillement vers la Chine et les nouveaux Etats émergents. Le plan était simple et il a échoué. La Russie est sortie renforcée. L’Occident est sorti affaibli, financièrement vidé, militairement exposé, politiquement dénudé.
Cette guerre a révélé une vérité fondamentale : l’Occident n’est pas invincible.
*Crise systémique et réponse impérialiste : la recolonisation*
Face à cette défaite, confronté à l’émergence de blocs alternatifs ( BRICS, dragons asiatiques, économies souverainistes), l’Occident a choisi sa réponse historique habituelle : la recolonisation. Lorsque le capitalisme impérialiste n’arrive plus à se développer par l’innovation, il se développe par la prédation. L’objectif est clair : contrôler les ressources,
empêcher l’industrialisation des rivaux, monopoliser l’énergie, détruire les régimes nationalistes. Car sans matières premières, sans énergie, sans main-d’œuvre bon marché, aucun empire industriel ne survit.
*Le tiers-monde : base matérielle du développement occidental*
Toutes les puissances développées se sont construites sur le dos du tiers-monde. C’est une loi historique. L’Europe, les États-Unis, le Japon, tous ont bâti leur industrialisation grâce aux ressources, aux bras et aux terres des peuples dominés. La Russie l’a compris. En soutenant les États de l’AES, elle a contribué à couper l’Occident de ressources stratégiques essentielles : uranium, pétrole, positions géopolitiques clés. La France en est la première victime. Privée de l’uranium nigérien, elle traverse une crise énergétique profonde. Son président parcourt le monde à la recherche d’alternatives, sans succès réel. Son Président Emmanuel Macron est devenu la risée des puissances à force de négocier les sources d' énergies qui font défaut à la France. La perte de l' Uranium du Niger plonge la France dans une sérieuse crise. Les États-Unis eux-mêmes sont en difficulté, toit comme l' Angleterre, l' Allemagne, le Canada. Bref, le bloc occidental vacille..
*Le chaos comme stratégie*
Face à son ralentissement historique, l’Occident adopte la stratégie du chaos. Son développement est désormais plus lent que celui de ses concurrents. Dans moins de vingt ans, il ne pourra plus les rattraper. Alors il faut bloquer. Bloquer par la guerre, bloquer par la déstabilisation, bloquer par la violence indirecte. Tous les régimes qui affirment que leurs ressources appartiennent à leurs peuples sont désignés comme ennemis, ils doivent tomber. Seuls les régimes dociles, les larbins, sont tolérés.
*Cibles prioritaires : Venezuela et AES*
Deux pôles sont identifiés comme “prenable”. Le Venezuela d’abord, immense réserve pétrolière, trop nationaliste, trop indépendant. Nicolas Maduro doit tomber. La tension permanente imposée par les États-Unis vise à installer un régime pro-occidental prêt à livrer le pétrole. Ensuite, l’AES, trop radicale, trop symbolique, trop dangereuse. Elle peut réveiller le monde noir, et un monde noir debout est un cauchemar pour l’impérialisme. Ce monde, le plus riche en ressources minières et énergétiques, pourra rêver d'utiliser lui-même ses ressources, ce qui va mettre fin au bal des impérialistes. Ce monde doit rester endormi, il doit être messianique, il faut lui faire croire qu'il est maudit, il ne faut surtout pas qu'il rêve de grandeur, et l' AES debout peut faire que ce monde rêve de grandeur. L' AES doit tomber pour faciliter l'exploitation des ressources du monde noir, et pour que ce monde ne se réveille jamais. Mais l' AES est déterminé. Il ne danse pas la musique des colons, mais sa propre musique. Il n' a pas peur. C'est pourquoi l' "hyver noir" que veut engager le bloc occidental en AES sera un hyver sanglant. Rarement dans l' histoire un peuple n' a été aussi déterminé à lutter pour sa liberté.
*Guerre économique, terrorisme, sabotage : échecs répétés*
L’Occident a commencé cette guerre contre l' AES par la guerre économique. Il a imposé des sanctions, des blocus, et a voulu exploiter l’enclavement du Sahel. L’objectif était d'affamer les peuples pour les retourner contre leurs dirigeants. Cette politique a été un échec, les peuples ont tenu, ils ont soutenu leurs dirigeants, l’Afrique a montré une solidarité inattendue. La guerre économique a eu un impact en AES, mais n' a pas suffit à la faire plier. L' occident avance cette fois vers une confrontation directe, vers l' "hyver noir".
*Alors est venue l’étape suivante : l’insécurité.*
L' occident a procédé au financement indirect des groupes armés, au sabotage des pipelines, aux attaques contre les infrastructures. Le Mali a été durement touché, mais il n’a pas plié. Il a bénéficié du soutien des autres États de l' AES.
*Vers l’option militaire indirecte*
Toutes les tentatives de déstabilisation ayant échoué, l’option militaire devient centrale. Mais une guerre directe serait coûteuse. Alors l’Occident avance masqué, en utilisant des États relais. Autour de l’AES, les régimes pro-occidentaux forment un cordon : Côte d’Ivoire, Bénin, Togo, Ghana, Nigeria, Tchad. Le Nigéria, puissance financière et militaire, devient une pièce clé. Les bombardements contre Boko Haram ne sont pas seulement une question de sécurité intérieure. Ils participent à la constitution d’une armée régionale opérationnelle, financée par des ressources africaines, pour une guerre qui ne dit pas encore son nom. Pour être opérationnel lors de l' "hyver noir" dont parle le Président Ibrahim Traoré. L’Occident ruiné veut faire payer la guerre aux Africains. Les Noirs financeraient ainsi la destruction de leurs propres frères. Les États-Unis vont déployer leurs propres armées en attente au Nigéria pour préparer une intervention directe en AES. Les chrétiens qui seraient malmenés au Nigéria ne sont qu'un prétexte. L' objectif est d'imposer une armée opérationnelle des États-Unis d'Amérique prêts à intervenir en AES, puisque le bloc occidental sait que la France va y essuyer une défaite spectaculaire face à l' AES. Le chef du bloc occidental veut s'impliquer lui-même dans cet "hyver noir". Les frappes au Nigéria ne sont que des prétextes. Le but ultime est que l' AES trop nationaliste doit tomber et ses ressources doivent être distribués entre les membres du bloc occidental. Tans pis pour sa population. Elle doit souffrir comme elle a l' habitude de souffrir.
*Pourquoi l’« hiver noir »*
C’est dans ce contexte qu’Ibrahim Traoré parle d’un "hiver noir". Un hiver sanglant, parce que l’AES se prépare à l’épreuve de force. Elle renforce ses armées, diversifie ses alliances, fédère ses énergies. L’Afrique est un continent de chaleur. Elle n’est pas habituée à l’hiver. Mais l’histoire impose parfois des saisons cruelles. L' "hyver noir" est donc une période cruelle de froid glacial qui arrive à un peuple qui pendant des millions d'années vit dans un climat de chaleur. Tous les Etats de l' AES sont dans le désert du Sahara. Ils sont donc habitués à une chaleur extrême, et du jour au lendemain, ils seront confrontés à un froid extrême, un hyver noir. Cet hyver ne sera donc pas facile et ils doivent s'y préparer.
*Le dernier rempart du monde noir*
Les États du Sahel constituent aujourd’hui le dernier espace de souveraineté réelle du monde noir. Leur chute signifierait la fin de toute base libre dans le monde noir. On peut critiquer leurs dirigeants, on peut les contester, mais leur défaite serait celle de tous les noirs. Leur défaite signifierait la fin d'une arrière base libre dans le monde noir, et les conséquences seront drastiques. Les noirs resteront esclaves des autres races pour longtemps. Le continent africain et les États noirs de la diaspora basculeront tous dans l'oppression. Il faudra peut être des siècles pour que trois États noirs indépendants émergent au même moment et expriment avec autant de détermination leur liberté.
*Chacun doit choisir son rôle : informer, expliquer, soutenir, contribuer, résister intellectuellement.*
Ce combat dépasse les hommes. Il concerne l’histoire. Quand l’hiver vient, on ne choisit pas la saison, on choisit de tenir. L' Afrique a plus que jamais besoin de tous ses enfants pour affronter cet hyver sanglant qui approche à grands pas. Et chacun doit chercher comment sortir victorieusement de cet "hyver noir". Il ne s'agit pas seulement de l' AES, mais de tout le monde noir. Nous ne devons pas attendre d'être des victimes, mais devenir tous des acteurs, des combattants pour sortir de cet hyver qui arrive. Les héros n' ont pas choisi de devenir héros. Les situations difficiles leur ont imposé de trouver des solutions, de lutter pour leurs peuples, et ce sont leurs actions dans cette lutte pour apporter des solutions aux situations difficiles qui leur ont donné le titre de héros. Dans cette confrontation qui arrive en Afrique, la terre de nos ancêtres attends ses héros. Par millions ils se dresseront derrière les Etats de l' AES. La Ligue Associative Africaine pour sa part lance le corps des volontaires de l' AES. Si vous pensez pouvoir apporter votre contribution à ce combat qui approche, contactez-nous à travers cet article ou notre site web la Ligue Associative Africaine.
Ensemble nous sortirons victorieux de cet hyver noir.
Par : Yemele Fometio, Président du parti politique camerounais LIMARA, et dirigeant de la Ligue Associative Africaine.



