Sujet : AUTRUI EST-IL MON ENNEMI ?
Travail préliminaire
Autrui : l' alter-ego, le semblable et le différent, le moi qui n' est pas moi et que je ne suis pas
Ennemi : Celui qui nous veut du mal, celui qui veut notre malheur
Reformulation :
Autrui me veut-il du mal ? Autrui est-il le source de mon malheur ?
Problème : la nature des rapports interpersonnels / la valeur d'autrui
Plan global
Thèse : Autrui est mon ennemi
Antithèse : Autrui est une source d'épanouissement pour moi
Synthèse : Redéfinir les rapports avec autrui
Problématique :
Si nous admettons que autrui est mon ennemi, que dire du fait qu'il peut être une source d'épanouissement pour moi ? Au final, ne devons-nous pas redéfinir nos rapports avec autrui ?
Plan détaillé :
Thèse : autrui est mon ennemi
Argument 1 : il veut dominer son semblable
Citation. Jean Paul Sartre : «le regard d'autrui me fige»
Argument 2 : il est méchant de nature
Citation. Hobbes : «l'homme est un loup pour l'homme.»
Antithèse : Autrui est une source d'épanouissement pour moi
Argument 1 : Autrui m'eduque et m'élève
Citation. Seydou Badian : «l'homme n' est rien sans les hommes. Il vient dans leurs mains et s'en va dans leurs mains.»
Argument 2 : autrui me permet de ma connaître
Citation. Sartre : «autrui est le médiateur indispensable entre moi et moi-même.»
Synthèse : Redéfinir mes rapports avec autrui
Argument : En apprenant à le connaître.
Exemple de devoir rédigé
L’homme ne vit pas seul. Dès sa naissance, il est entouré d’autres hommes avec lesquels il partage sa vie, que nous appelons autrui. Ce dernier suscite une divergence de points de vues entre les penseurs. Pour certains, autrui apparaît comme un danger, voire comme un ennemi, c’est-à-dire celui qui nous veut du mal et cherche notre malheur. Pour d'autres par contre, autrui est nécessaire, incontournable et bienveillant pour son semblable. Cette divergence de conceptions soulève le problème de la nature des rapports interpersonnels. Si, d’un côté, autrui semble être une menace pour ma liberté et mon existence, de l’autre, ne peut-il pas être une source d'épanouissement pour son semblable ? Au final ne serait-il pas préférable de redéfinir nos rapports avec lui ?
Dans un premier temps, autrui apparaît comme un ennemi, car les relations humaines sont souvent marquées par la domination et la méchanceté.
D’abord, autrui cherche à dominer son semblable. Dans la relation avec l’autre, chacun veut s’affirmer, être reconnu comme supérieur. Le regard d’autrui peut alors devenir une menace pour ma liberté. Jean-Paul Sartre affirme à ce propos : « le regard d’autrui me fige ». Il montre qu’autrui par son regard de menace me transforme en objet, me chosifie. Son regard cherche à m'intimider, à me juger. Ensuite, autrui peut être considéré comme méchant par nature. Le philosophe Thomas Hobbes soutient que « l’homme est un loup pour l’homme ». Ce qui signifie que les hommes sont naturellement portés à la violence, à l’égoïsme et à la destruction mutuelle. Dans l’état de nature, chacun cherche son intérêt personnel au détriment des autres, ce qui conduit à une guerre permanente. Si autrui accepte de vivre avec son semblable, c'est par peur des lois sinon c'est la jungle.
Ainsi, à travers la domination et la méchanceté, autrui semble bien être mon ennemi. Toutefois, autrui peut aussi être une source d'épanouissement pour moi.
Autrui est une source d’épanouissement et de réalisation de soi.
Tout d’abord, autrui m’éduque et m’élève. L’homme ne se construit pas seul ; il se forme au contact des autres. La société, la famille et l’école jouent un rôle fondamental dans la formation morale et intellectuelle de l’individu. Seydou Badian affirme à ce sujet : « l’homme n’est rien sans les hommes. Il vient dans leurs mains et s’en va dans leurs mains ». Il souligne le fait que l’homme ne peut pas se passer de son semblable. Ensuite, autrui me permet de me connaître moi-même. Je prends conscience de qui je suis à travers le regard et la reconnaissance des autres. Sartre affirme ainsi : « autrui est le médiateur indispensable entre moi et moi-même ». Cela signifie que sans autrui, je ne pourrais pas pleinement me comprendre ni me définir. Quand je fais le bien, autrui me fais savoir, et quand je fais le mal, il me fais aussi savoir. En le regardant, je sais qui je suis.
Nous venons de voir que loin d’être uniquement un ennemi, autrui apparaît comme une condition essentielle de mon humanité et de mon épanouissement. Ne serait-il pas préférable de redéfinir nos rapports avec lui ?
Autrui est une source d'épanouissement pour nous malgré son mauvais côté qui tend à faire de lui un ennemi. Il est donc en même temps un ennemi et une source d'épanouissement. Face à ces deux positions opposées, il devient nécessaire de redéfinir nos rapports avec lui en cherchant à le connaître. En apprenant à connaître autrui, en le reconnaissant comme un semblable doté de la même dignité que moi, il est possible de dépasser les conflits et la domination. Le dialogue, le respect et la tolérance permettent d’établir des relations fondées sur la coopération plutôt que sur l’hostilité. Autrui cesse alors d’être une menace pour devenir un partenaire de vie et de construction mutuelle.
En définitive, notre devoir portait sur la nature des relations interpersonnelles. Nous avons vu en première parties qu'autrui peut être un ennemi, une source de conflit, de domination et de souffrance. Cependant, il est aussi une source d'épanouissement pour nous par son rôle d’éducation, de connaissance de soi et d’épanouissement. La confrontation de ces deux thèses nous a amené à envisager en troisième partie de redéfinir nos rapports autrui en cherchant à le connaître et à le comprendre.
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